J'aimais emmener mes compagnes dans de sombres bois, escalader des vieux chênes, sauter des fossés boueux, avoir près des palissades un rapport sexuel dont j'étais impassible et finir par les vider de leur sang ! J'adorais la vision d'une femme qui passait de l'extase à la mort. C'était à la fois poignant et jubilatoire. Mais elles étaient bien trop fragiles et cela ne me plaisait plus. C'est ainsi que j'eus un goût effréné pour les femmes sulfureuses, non celles couvertes de latex et de vinyle avec un fouet, mais celles qui vous glacent le sang par leur regard. Celles qui vous font regretter les sentiments au profit des jeux d'enfants ! L'enfance, où les sentiments sont confus, où les évènements paraissent futiles, où la liberté domine l'avenir.... Avec elles, j'étais un délicieux chérubin hardi. Mais était ce comparable à ce sentiment d'être aimée à jamais par une divinité telle que ma princesse ? J'étais parfaitement consciente que non, mais je ne voulais pas y penser. Cette princesse donne à quiconque l'envie d'aimer les femmes, de les chérir et de se noyer dans une folle passion ! Je suis perdue, dans ma chambre emplie d'obscurité, de souvenirs chassés, d'ecchymoses au c½ur, de baisers envolés et de larmes torrentielles... Les regrets consument ma vie, seul le souvenir de son visage la fortifie, mais ils m'ont enseveli et je sombre dans l'oubli. Je reste isolé, invisible comme dans une photo voilée, de peur d'affronter mes malheurs, tous imprégnés par son odeur. Voilà mon terrible secret, je suis constamment hantée par l'épanchement du regret, immunisée contre la mort mais pas les remords avec au fond de mon ragoûtant c½ur, une terrible rumeur : « La petite indolente a perdue son amante ».