Je laissais dissoudre un bonheur vaporeux dans mon bain de tristesse, espérant avec une ardeur immodérée retrouver un sourire perdu. Incapable de goûter à nouveau à un épicurisme dateux, je devais faire face à l'être vil et inerte que j'avais crée.
Aucune valeur d'hédonisme, juste une douloureuse bonhomie, des traits rigides, un air de poupée hostile qui ne prend vie que pour s'apercevoir qu'elle est cantonnée dans son affliction. Cet air d'indécence et de constante provocation me répugnait d'avantage. Puis la lassitude ayant fini par avoir raison de mon agitation me plongea dans sommeil poignant.
A mon réveil, je tonitruais et croyais me voir, dans la fleur de ma santé, rire aux éclats, dorée de vie. Qu'étais je devenue, à présent que je m'étais jetée si salement dans les bras de la cigarette, oubliant de mornes journées où l'on m'eut prit pour une alitée en phase d'obésité. A présent que mon cerveau enveloppé du tournoiement des ondes noires de mes yeux maquillés, se perdait dans l'exagération mondaine de son malheur ?
Je ne suis pas bien jolie et mon excentricité n'est pas à son apogée, je n'ai pas une foule d'amis et l'amour me tourne le dos, mais j'avais quelque chose que personne ne détenait : Un hédonisme ostentatoire qui versait à mes lèvres des complaintes séduisantes. Je suis une amoureuse de la littérature si mal reconnue par mon esprit...Comme si je n'avais plus le temps de rien. A parler d'amour, je passe pour une dés½uvrée ingénue, mais je suis en vérité, une passionnée de la trahison déambulant dans son affliction. L'indifférence que je voue aux autres est aussi écarlate que mes lèvres rubescentes et je reconnais me détester pour cette raison.
Je n'ai plus le temps à rien, si ce n'est de vous demander pardon, de vous faire subir ce que je me fais subir...Pardonnez moi de m'être modelée comme un spectre vaniteux et cruel, n'oubliez pas ces quelques restes de moi qui ont su vous faire rougir et laissez partir tout le reste dans l'abîme du temps...
